Le feu et la forêt
Huit hectares sur dix sont boisés, et toutes les adresses sont dans le périmètre où la loi oblige à débroussailler. Pourtant il n'a presque rien brûlé en vingt ans. Ce dossier dit qui doit faire quoi, d'où viennent les pompiers, et ce que ça coûte.
Mis à jour le 1 octobre 2026 · environ 13 min de lecture, 22 avec le détail
L'essentiel
- Un village dans les bois. La forêt couvre 792 des 1 014 hectares de la commune, soit 78 %. Aucune n'est une forêt publique, communale ou de l'État : elle est entre les mains de propriétaires privés.
- Toutes les adresses sont concernées par le débroussaillement. Les 771 adresses de la commune sont dans le périmètre où la loi impose de débroussailler autour des constructions. 84 sont dans le massif lui-même.
- Presque rien n'a brûlé en vingt ans. Six feux recensés de 2006 à 2025, pour un demi-hectare au total. Le plus grand a couvert 3 000 m². Sur la même période, il a brûlé 365 hectares dans la communauté de communes, aux quatre cinquièmes dans trois communes de la vallée Borgne et de l'Aigoual.
- Il n'y a pas de caserne à Lasalle. En 2018, neuf départs d'engins sur dix venaient de Saint-Hippolyte-du-Fort, à 13 km de route. Et les pompiers viennent surtout pour des malades et des blessés : quatre interventions sur 83 concernaient un incendie.
- La commune paie 44 886 € par an au service départemental d'incendie et
de secours (2026), soit 37 € par habitant. C'était environ 32 700 € en
- Le débroussaillement n'a pas de bilan. Le conseil a voté un contrôle en 2019, en écartant les amendes. Aucun résultat n'apparaît depuis dans les comptes rendus.
- Qui est responsable des bornes à incendie ? Le registre de l'État dit la communauté de communes ; c'est pourtant la commune qui paie. Leur nombre et leur état ne sont publiés nulle part.
Chaque fait renvoie à sa source. Les sigles sont expliqués à la fin, dans « Les mots du dossier ». Ce qui relève de l'interprétation est rassemblé dans « Ce qu'on peut en lire », et ce qui n'est pas établi dans « Ce qu'on ne sait pas ».
La question
Ma maison est-elle exposée ? Qu'est-ce que la loi me demande de faire ? Si un feu part, qui vient, d'où, avec quelle eau ? Et qu'est-ce que la commune paie pour cela ?
Dans les autres dossiers, on regarde un service qu'on reçoit et qu'on paie. Ici, c'est l'inverse : la première ligne de défense n'est pas un service public, c'est le terrain de chacun. Le dossier suit donc cet ordre : le risque, l'obligation des habitants, puis les secours et leurs moyens.
1. Un village dans la forêt
La commune fait 1 014 hectares. La forêt en couvre 792, soit 78 % : surtout des feuillus, et des peuplements où ils se mêlent aux résineux. Les prés, les jardins et le village occupent le reste.
L'État classe Lasalle parmi les communes exposées au risque de feu de forêt. Mais il n'existe pas ici de plan de prévention propre à ce risque, qui interdirait de construire dans certaines zones. La carte du danger, elle, existe : elle a été dressée par les services de l'État, et le futur plan local d'urbanisme (PLU) la reprend.
Cette forêt n'a pas de gestionnaire public. La base nationale ne recense aucune forêt communale ni domaniale à Lasalle, et le conseil municipal le dit lui-même : « nous n'avons pas de forêts » (8 juillet 2020). Les 792 hectares sont donc, pour l'essentiel, partagés entre des propriétaires privés, dont personne ne publie ni le nombre, ni ce qu'ils font de leurs bois.
Pour aller plus loin : les chiffres de la forêt, les risques recensés
| Hectares | Part de la commune | |
|---|---|---|
| Feuillus | 461 | 45 % |
| Peuplements mixtes | 280 | 28 % |
| Conifères | 37 | 4 % |
| Forêt sans couvert (coupes, landes boisées) | 7 | 1 % |
| Forêt, total publié | 792 | 78 % |
| Commune | 1 014 |
Source : IGN, Observatoire des forêts françaises, taux de boisement communal. Les quatre lignes font 785 hectares ; l'IGN publie 792 au total. La mesure repose sur des photographies aériennes de 2015 : elle ne dit rien de ce qui a poussé ou été coupé depuis.
- Risques recensés par l'État pour Lasalle (Géorisques) : feu de forêt, mouvement de terrain, séisme, radon, transport de marchandises dangereuses.
- Plan de prévention : un seul est enregistré, pour le risque d'inondation (bassin du Gardon, dossier ouvert en 2013), sans zonage réglementaire publié. Aucun pour le feu de forêt.
- Information des habitants : l'État a transmis à la mairie son dossier sur les risques le 08/04/2011. Un document communal d'information sur les risques (DICRIM) est enregistré, mais sans date de publication.
- Forêts publiques : zéro dans la BD TOPO de l'IGN (source : Office national des forêts). Ce zéro est une mesure, pas une absence de donnée : la base a répondu, et les élus le confirment (CM des 08/07/2020 et 28/07/2021 : la commune « n'a pas de forêts domaniales »).
2. Ce qui a brûlé
Très peu. La base nationale des incendies de forêt recense six feux à Lasalle entre 2006 et 2025. Ensemble, ils ont parcouru 5 400 m² : l'équivalent d'un terrain de football pour vingt ans.
| Date | Surface | Cause connue |
|---|---|---|
| 14/04/2015 | 2 000 m² | involontaire, pendant des travaux |
| 15/07/2015 | 57 m² | non renseignée |
| 10/08/2016 | 3 000 m² | involontaire, un particulier |
| 21/08/2019 | 20 m² | accidentelle |
| 14/08/2020 | 278 m² | naturelle (la foudre) |
| 07/07/2021 | 12 m² | involontaire, un particulier |
Source : base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF), ministère de l'agriculture et IGN, relevée le 01/10/2026.
Aucun feu n'est recensé depuis 2021. Cinq des six sont partis en juillet ou en août. Sur les cinq dont la cause est connue, quatre viennent d'une activité humaine, sans intention de nuire ; le cinquième, de la foudre.
Ailleurs dans la communauté de communes, c'est une autre histoire. Sur la même période, les quinze communes comptent 108 feux et 365 hectares brûlés. Trois communes en concentrent 80 % : Val-d'Aigoual, Saint-André-de-Valborgne et Les Plantiers. Lasalle pèse 6 % des feux, et moins de 0,2 % des surfaces.
Pour aller plus loin : le relevé commune par commune
| Commune | Feux 2006-2025 | Hectares |
|---|---|---|
| Val-d'Aigoual | 18 | 122,3 |
| Saint-André-de-Valborgne | 17 | 115,5 |
| Les Plantiers | 16 | 55,3 |
| Dourbies | 16 | 44,5 |
| Saint-Sauveur-Camprieu | 4 | 10,1 |
| Saint-André-de-Majencoules | 6 | 3,8 |
| Lanuéjols | 3 | 3,2 |
| Soudorgues | 1 | 3,0 |
| L'Estréchure | 5 | 2,2 |
| Saumane | 9 | 2,1 |
| Revens | 2 | 2,0 |
| Lasalle | 6 | 0,5 |
| Trèves | 3 | 0,1 |
| Peyrolles-en-Cévennes | 2 | 0,04 |
| Causse-Bégon | 0 | 0 |
| Communauté de communes | 108 | 364,7 |
Source : BDIFF, 2006-2025. La base ne contient que les feux déclarés par les services ; un départ de feu éteint par un voisin n'y figure pas.
Les feux de bâtiments ne sont pas dans cette base. Le bilan des pompiers pour 2018 en compte trois à Lasalle (partie 4).
3. Débroussailler : l'obligation qui repose sur chacun
La loi ne demande pas à la commune de protéger les maisons de la forêt. Elle le demande à chaque propriétaire. Dans les bois, et jusqu'à 200 mètres de leur lisière, il faut débroussailler 50 mètres autour de toute construction, ainsi que le long du chemin qui y mène. Débroussailler ne veut pas dire raser : on coupe les broussailles, on élague, on espace les arbres, pour que le feu ne trouve pas de quoi passer du sol aux cimes, ni du bois à la maison.
À Lasalle, cela concerne tout le monde. Nous avons placé les 771 adresses de la commune sur la carte officielle de ce périmètre, arrêtée par le préfet le 28 mars 2025 : les 771 y sont. 687 sont dans la bande des 200 mètres ; 84 sont au cœur même d'un massif.
Cinquante mètres autour d'une maison, c'est près de 8 000 m². Une partie de ce cercle tombe souvent chez le voisin : c'est alors à celui qui possède la maison de débroussailler chez l'autre, à ses frais, après le lui avoir demandé.
Ce que fait la commune
Le maire est chargé de faire respecter l'obligation. Le conseil municipal en a débattu trois fois :
- 28 mars 2018 : une campagne d'information est décidée, à la demande du préfet.
- 23 janvier 2019 : le conseil ajoute un contrôle en trois temps (courrier, mise en demeure trois mois plus tard, vérification). Le maire prévient : « nous n'irons pas mettre des amendes ». Un conseiller pose la question qui fâche : que faire quand le terrain d'à côté n'est pas débroussaillé ?
- 12 mai 2021 : simple rappel en séance.
Aucun bilan de ces contrôles n'apparaît dans les comptes rendus suivants. On ne sait ni combien de courriers sont partis, ni combien de terrains sont en règle.
Pour aller plus loin : le calcul, ce que ça coûte, une règle mal citée
- Le calcul. Zonage des obligations légales de débroussaillement (Géoplateforme de l'IGN, données du Gard établies sur la carte forestière de 2015, arrêté préfectoral du 28/03/2025), croisé avec la Base adresse nationale. 22 polygones touchent la commune. Les adresses « au cœur d'un massif » sont celles que la carte place dans le boisement lui-même, et non dans la bande qui l'entoure. Cette lecture du code de zonage reste à confirmer auprès de la préfecture.
- Un ordre de grandeur de prix. Le 10 avril 2025, le conseil répartit une facture de débroussaillement de 2 880 € pour 2 830 m², soit environ 1 € le m². La moitié de la surface commune à deux bâtiments est refacturée au propriétaire voisin, pour 732 €. À ce tarif, le cercle de 50 mètres autour d'une maison isolée coûterait de l'ordre de 8 000 € la première fois : un chiffre à prendre comme une indication, tiré d'un seul chantier. Le début de cette délibération manque dans le texte collecté : on n'en connaît pas le motif exact.
- Une règle mal citée en séance. Le compte rendu du 23/01/2019 parle de « 200 mètres autour d'une habitation ». La règle est de 50 mètres autour des constructions, dans les terrains situés à moins de 200 mètres des bois. Le maire peut porter les 50 mètres à 100 par arrêté. Aucun arrêté de ce type n'apparaît dans les actes de la commune.
- Un guide et une circulaire de la préfecture sont relayés sur le site de la mairie ; la base n'en a gardé que les titres.
4. Les secours : qui vient, et d'où
Lasalle n'a pas de centre de secours. Les pompiers sont un service du département, le SDIS du Gard. Le seul bilan présenté au conseil municipal, pour l'année 2018, dit d'où ils viennent : sur 100 départs d'engins, 91 partaient de Saint-Hippolyte-du-Fort, 7 de Saint-Jean-du-Gard, 2 de Sumène.
| Commune du centre de secours | Par la route jusqu'à la mairie de Lasalle |
|---|---|
| Saint-Hippolyte-du-Fort | 13 km, environ 15 minutes |
| Saint-Jean-du-Gard | 17 km, environ 19 minutes |
| Sumène | 25 km, environ 29 minutes |
Ces durées sont celles d'une voiture, de centre de village à centre de village, sans circulation. Elles ne disent pas le délai réel : il faut d'abord que les pompiers volontaires rejoignent leur caserne, puis qu'un camion monte jusqu'à un hameau. C'est un plancher.
Les pompiers viennent surtout pour des personnes. En 2018, sur 83 interventions à Lasalle, 67 étaient des secours à des malades ou des blessés, 6 des accidents de la route, et 4 seulement un incendie ou un risque d'incendie.
Pour aller plus loin : le bilan 2018, l'adressage, la crise de 2026
| Bilan du SDIS pour Lasalle, 2018 | Interventions | Engins |
|---|---|---|
| Secours à la personne | 43 | 50 |
| Demande du SAMU | 24 | 25 |
| Accident de la circulation | 6 | 12 |
| Opérations diverses | 6 | 6 |
| Incendie urbain | 3 | 9 |
| Risque d'incendie | 1 | 1 |
| Total | 83 | 103 |
Source : synthèse du SDIS présentée au CM du 10/04/2019. Le compte rendu donne par ailleurs 100 départs d'engins, répartis par centre. Soit 75 interventions pour 1 000 habitants, contre 84 en moyenne dans le Gard. C'est le seul bilan annuel que contiennent les comptes rendus de 2016 à 2026.
- Trouver la maison. Le plan d'adressage de 2021-2025 a été justifié d'abord par les secours, « qui ont du mal à localiser les adresses » (CM du 20/02/2025). Un adjoint le résume : « c'est de la responsabilité de la commune que les pompiers et autres puissent accéder » (CM du 20/11/2025). En avril 2026, des habitations n'avaient toujours pas d'adresse (voir le dossier « Internet et téléphone »).
- Le garde champêtre « peut accompagner les pompiers sur les lieux », mais « la première chose à faire, c'est d'appeler les pompiers » (CM du 13/04/2026).
- Février-septembre 2026 : la commune suspend son paiement. Le 05/02/2026, le conseil sursoit à la contribution de l'année, par solidarité avec les six communes du centre de secours de l'Aigoual, qui manquait de pompiers professionnels. Les autres communes de la communauté de communes annoncent la même intention. Le sursis est levé le 10/09/2026, un pompier professionnel ayant été nommé au 1er juin.
- Des agents de la communauté de communes sont pompiers volontaires : une convention avec le SDIS leur permet de partir en intervention sur leur temps de travail (quatre agents en 2019).
Trajets : OSRM sur les données OpenStreetMap, de mairie à mairie, relevés le 01/10/2026.
5. Les moyens : pistes, bornes et eau
Pour éteindre un feu, il faut pouvoir y aller et trouver de l'eau. Les deux relèvent de collectivités différentes, et c'est là que le dossier est le plus pauvre.
Les pistes en forêt (pistes DFCI) sont de la compétence de la communauté de communes. Depuis 2016 au moins, elle les remet aux normes une à une et leur donne un statut : la plupart traversent des terrains privés, et il faut une servitude pour avoir le droit d'y passer et de les entretenir. En septembre 2026, elle l'a demandé pour 34 pistes. Aucun document public ne dit lesquelles passent à Lasalle.
Les bornes à incendie posent une question de responsabilité. Le registre de l'État attribue à la communauté de communes le « service public de défense extérieure contre l'incendie ». Dans les faits, c'est la commune qui paie : 4 500 € pour déplacer une borne en 2019, 2 208 € en 2026 pour en créer une route d'Anduze, à frais partagés avec Saint-Bonnet-de-Salendrinque.
L'eau vient du réseau d'eau potable : les pompiers déclarent ce qu'ils prélèvent, et ce volume est retiré des pertes du réseau (CM du 06/11/2024). En 2023, en pleine sécheresse, la communauté de communes a soutenu la création de plans d'eau pour le remplissage des camions et des hélicoptères… dans trois autres communes. Rien de tel n'est prévu à Lasalle.
Pour aller plus loin : pistes, financements, bornes, construire en zone exposée
Les pistes.
| Date | Fait | Source |
|---|---|---|
| 10/04/2019 | Dissolution du syndicat intercommunal de Lasalle (SIVOM), inactif depuis deux ans. Son actif : des pistes DFCI, une citerne DFCI, du matériel scolaire, pour 327 231 €, répartis entre les communes selon leur population | CM |
| 2017-2021 | Mise aux normes des pistes H7 et H18 (Les Plantiers, Saint-André-de-Valborgne, Peyrolles) : de 47 000 à 72 000 € selon les dossiers | CC |
| 29/07/2020 | Demande de subvention pour la piste H8 (Soudorgues et Peyrolles) | CC |
| 28/09/2022 | Dix pistes n'ont toujours pas de servitude. Coût du dossier : 4 745 €, dont 80 % payés par l'État | CC |
| 09/11/2022 | 13 600 € prévus pour l'entretien des pistes sont réaffectés à un mur de soutènement après une inondation | CC |
| 2023 | « Pistes DFCI et servitudes » : 45 000 € au budget | CC |
| 14/08/2026 | Arrêté préfectoral sur une servitude DFCI demandée par la CC le 02/04/2025 | recueil des actes de la préfecture |
| 23/09/2026 | Demande de servitude pour 34 pistes, en vue de travaux prévus par les plans de massif « Haute région du Viganais » et « Vallée Borgne » | CC |
Une mise aux normes est payée à peu près ainsi : État 50 %, Europe (FEADER) 30 %, communauté de communes 20 % (plans de financement de 2017). Les deux plans de massif cités ne nomment pas la vallée de la Salindrenque.
Les bornes.
- 2019 : 4 500 € pour le « poteau incendie de Cornely », déplacé de l'autre côté de la route. La dépense est inscrite au budget de l'eau, pas au budget principal (CM du 10/04/2019).
- 2026 : borne route d'Anduze, pour « plusieurs habitations et espaces forestiers sensibles » des deux communes. Lasalle paie la moitié, 2 208 € TTC ; Saint-Bonnet assure la vérification annuelle (CM du 28/05/2026).
- BANATIC, la base de l'État sur les intercommunalités, range pourtant la défense extérieure contre l'incendie parmi les compétences de la CC. Aucune délibération de la CC n'en traite dans les actes collectés.
L'eau. Délibération de la CC du 24/05/2023, « sécurisation de la ressource en eau en vue du risque incendie » : plans d'eau à Val-d'Aigoual, Saumane et aux Plantiers, maintien du lac du Devois.
Construire en zone exposée : le cas de la crèche. La nouvelle crèche est bâtie en lisière, au-dessus du centre de loisirs. En 2022, les services de l'État ont demandé un défrichement entre le bâtiment et la parcelle voisine « afin de permettre l'accès aux services de secours et d'incendie » (CC du 18/05/2022). Le 23/09/2024, un conseiller relève que, sur les cartes du futur PLU, le terrain est « à haut risque incendie ». Réponse : le permis a été délivré après une étude des services de l'État, qui ont conclu en 2022 à la faisabilité du projet. Voir le dossier « L'enfance ».
6. Ce que ça coûte
La dépense régulière de la commune pour le feu tient en une ligne : sa contribution au SDIS.
| Année | Contribution de Lasalle | Par habitant |
|---|---|---|
| 2015 | environ 32 700 € | 29 € |
| 2025 | 43 613 € | 36 € |
| 2026 | 44 886 € | 37 € |
En onze ans, la hausse est de 37 %. C'est aujourd'hui presque autant que les indemnités de tous les élus de la commune (47 000 €).
Depuis 2024, le SDIS calcule cette contribution autrement : pour moitié selon la population, pour moitié selon la richesse fiscale de la commune. Le changement est étalé sur huit ans.
Le reste est ponctuel : quelques milliers d'euros pour une borne, et le débroussaillement des terrains communaux.
Pour aller plus loin : la série, la réforme, les autres dépenses
| Année | Montant | Nature | Source |
|---|---|---|---|
| 2015 | 8 178 € par trimestre, soit 32 712 € par an | calcul du dossier | CM du 06/04/2016 |
| 2021 | 27 390 € pour trois trimestres | payé | CM du 13/04/2022 |
| 2022 | 46 437 € pour cinq trimestres | voté | idem |
| 2025 | 43 613,21 € | payé | CM du 05/02/2026 |
| 2026 | 44 886,05 € | voté | CM du 03/03/2026 |
Les années 2016 à 2020, 2023 et 2024 manquent : les comptes détaillés ne figurent pas dans tous les comptes rendus, et la base comptable de l'État collectée ici ne descend pas à cette ligne.
- La réforme. Délibération du SDIS du 11/12/2023 : population pour 50 %, potentiel fiscal pour 50 % ; hausse annuelle plafonnée ; étalement sur huit ans (CM du 05/02/2026).
- Par habitant : 1 202 habitants (recensement de 2023) ; 1 140 pour 2015 (recensement de 2017).
- Repère dans le budget 2026 : 44 000 € pour l'incendie, 47 000 € pour les indemnités des élus, 15 000 € de travaux d'électricité (CM du 27/04/2026).
- Autres dépenses : 398 € de maintenance des extincteurs du centre de loisirs (2025) ; une subvention demandée en 2022 pour équiper le local des archives ; 17 978 € HT d'extension du réseau électrique pour la crèche.
- Ce que la commune ne paie pas : les pistes (communauté de communes, État, Europe), et le reste du budget du SDIS, apporté par le Département et les autres communes. La part de chacun n'est pas dans la base.
7. Ce qu'on peut en lire
Cette partie interprète. Elle part des faits établis plus haut, et dit ce qui lui manque pour conclure.
1. Une exposition maximale, des dégâts minimes : pourquoi ? Tout Lasalle est en forêt, et il n'y brûle presque rien. Trois explications sont possibles, et les données ne permettent pas de trancher. La végétation : une forêt de feuillus (les conifères n'en font que 5 %) brûle moins vite que les pins et les landes. La rapidité : six feux arrêtés avant un tiers d'hectare, c'est la marque de départs vus et attaqués tôt. La chance : vingt ans sont une période courte, et un seul feu de 100 hectares changerait toute la statistique, comme aux Plantiers ou à Saint-André-de-Valborgne. Ce qui manque : les feux d'avant 2006, la carte du danger, et l'effet des sécheresses récentes sur l'état des bois.
2. Peu de feux ne veut pas dire peu de risque. Les deux se mesurent séparément. Le risque tient à ce qui pourrait brûler et à ce qui se trouve autour : 84 adresses dans les bois, une forêt sans gestionnaire, des terres agricoles qui se referment. Rien de cela n'apparaît dans un décompte de feux.
3. La défense repose sur ce qui est le moins vérifié. Le débroussaillement est la seule protection qui dépende entièrement des habitants, et c'est celle dont on ne sait rien. Le conseil a choisi en 2019 de convaincre plutôt que de sanctionner. C'est un choix défendable ; mais sans bilan, on ne peut pas dire s'il fonctionne. Le prix, lui, est dissuasif : plusieurs milliers d'euros la première fois pour une maison isolée, parfois sur le terrain d'un voisin.
4. Les secours sont loin, et ce ne sont pas d'abord des secours contre le feu. Quatre interventions sur 83 pour un incendie : le service pour lequel la commune paie 37 € par habitant est surtout, ici, un service d'urgence médicale. Ce constat rejoint celui du dossier « Internet et téléphone » : en 2017, il arrivait que le 15 n'arrive pas à joindre le médecin de garde. Ce qui manque : un bilan plus récent que 2018, et les délais d'arrivée.
5. Des responsabilités en morceaux. Le propriétaire débroussaille, le maire contrôle, la communauté de communes entretient les pistes, le département envoie les pompiers, l'État trace les cartes, et la borne à incendie est payée par une commune alors que le registre désigne une autre collectivité. Aucun document ne rassemble le tout pour un habitant. Le plan communal de sauvegarde, qui devrait le faire, n'apparaît dans aucun acte.
6. On construit en lisière. La crèche a été autorisée dans un secteur que la carte du futur PLU signale comme très exposé, moyennant un défrichement. C'est légal et encadré. C'est aussi un précédent, au moment où le PLU doit dire où l'on pourra bâtir.
8. Ce qu'on ne sait pas
| Question | Où on en est | Comment le savoir |
|---|---|---|
| Combien de terrains sont réellement débroussaillés ? Le contrôle voté en 2019 a-t-il eu lieu ? | ouvert : aucun bilan dans les actes | question à la mairie ; les courriers et mises en demeure sont des documents communicables |
| La commune a-t-elle un plan communal de sauvegarde ? De quand date son document d'information sur les risques ? | ouvert : aucun acte ne cite le plan ; le document est enregistré sans date | mairie ; préfecture du Gard |
| Combien de bornes à incendie, où, et en quel état ? Quelles maisons sont hors de portée ? | ouvert : aucune donnée publique dans le Gard | arrêté communal de défense extérieure contre l'incendie, s'il existe ; SDIS du Gard (document communicable) |
| Qui est responsable des bornes : la commune ou la communauté de communes ? | contradiction : le registre de l'État dit la CC, les factures disent la commune | statuts de la CC ; question aux deux |
| Quelles pistes DFCI passent à Lasalle, et dans quel état ? | ouvert : la CC les désigne par des numéros, sans carte publique | DDTM du Gard, plan de massif ; la CC |
| Où le danger est-il le plus fort dans la commune ? | en partie : la carte existe (elle est citée en conseil), elle n'est pas en ligne | porter à connaissance de l'État ; projet de PLU |
| Combien d'interventions des pompiers depuis 2018, et en combien de temps arrivent-ils ? | ouvert : un seul bilan en dix ans | synthèse annuelle du SDIS, à demander à la mairie |
| La contribution au SDIS de 2016 à 2024, et ce que la réforme coûtera à terme | en partie : cinq années connues sur douze | comptes administratifs ; délibération du SDIS du 11/12/2023 |
| À qui appartient la forêt, et combien de propriétaires ont un plan de gestion ? | ouvert | cadastre ; Centre national de la propriété forestière |
| Les feux d'avant 2006 | ouvert : la BDIFF commence en 2006 | base Prométhée, qui remonte à 1973 pour les départements méditerranéens |
Questions déjà résolues par ce dossier
- Quelle part de la commune est boisée, et y a-t-il de la forêt publique ? 78 % ; aucune (partie 1).
- Combien de maisons sont concernées par le débroussaillement ? Toutes les adresses (partie 3).
- Qu'est-ce qui a brûlé ? Six feux, un demi-hectare (partie 2).
- D'où viennent les pompiers ? De Saint-Hippolyte-du-Fort neuf fois sur dix, en 2018 (partie 4).
Ce dossier est reproductible : le relevé qui l'alimente
(vigie_dossier_releve.py incendie) tourne à l'identique pour Saillans et
Brassac.
Les mots du dossier
- BDIFF : base de données sur les incendies de forêt en France, tenue par l'État depuis 2006.
- Borne, poteau d'incendie : la prise d'eau sur laquelle les pompiers branchent leurs tuyaux.
- CC : communauté de communes Causses Aigoual Cévennes, dont Lasalle est membre.
- CM : conseil municipal. « CM du 23/01/2019 » renvoie au compte rendu de cette séance.
- DDTM : direction départementale des territoires et de la mer, le service de l'État qui suit la forêt, l'urbanisme et les risques.
- Débroussaillement : réduire la végétation basse et espacer les arbres pour ralentir le feu. Ce n'est pas une coupe rase.
- Défense extérieure contre l'incendie : l'ensemble des points d'eau (bornes, citernes, plans d'eau) prévus pour les pompiers, hors des bâtiments.
- Défrichement : supprimer la forêt d'un terrain pour en changer l'usage. Il faut une autorisation de l'État.
- DFCI : défense des forêts contre l'incendie. Une piste DFCI est un chemin réservé aux secours.
- DICRIM : document d'information communal sur les risques majeurs, que le maire doit tenir à la disposition des habitants.
- FEADER : fonds européen pour le développement rural.
- Obligations légales de débroussaillement (OLD) : le nom officiel de la règle des 50 mètres.
- Plan communal de sauvegarde : le document qui organise, dans la commune, l'alerte et la mise à l'abri des habitants.
- PLU : plan local d'urbanisme, qui dit où l'on peut construire. Celui de Lasalle est en cours d'élaboration.
- SDIS : service départemental d'incendie et de secours, c'est-à-dire les pompiers. Il est financé par le Département et par les communes.
- Servitude : un droit de passage ou d'usage sur le terrain d'autrui, établi ici par le préfet.